L'Eglise
Construite
en moins d'un an (1927-1928) sous la direction de Paul Tournon,
qui n'en était pas à sa première réussite, l'église dédiée à Sainte-Thérèse
de L'Enfant Jésus de la Sainte Face, au centre du lotissement qui
ne cessait de s'étendre, a la particularité suivante : elle est
le premier édifice de ce genre à être exécuté entièrement en béton
armé et sculpté dans le ciment en prise, un procédé original et
tout nouveau inauguré par le sculpteur Carlo Sarrabezolles après
avoir été expérimenté par lui à Villemomble.
Un
comité de patronage, sous l'impulsion d'un groupe mutualiste franco-belge,
s'est employé à réunir les fonds nécessaires pour sa réalisation.
Inaugurée le 1er juillet 1928, cette église revêt, de l'extérieur,
la forme d'un reliquaire, "la Sainte Chapelle du ciment armé", a-t-on
pu écrire à l'époque par allusion à la Sainte Chapelle de Paris.
Sa flèche fine et légère s'élance dans le ciel à 45 mètres de hauteur,
doublant l'élévation de la nef. La façade sculptée, pleine d'audace,
met en relief l'amitié entre les deux pays, la France et la Belgique,
avec d'abord la noble figure du cardinal Mercier, primat de Belgique,
dont l'attitude courageuse durant la première guerre mondiale fit
l'admiration du monde.
Au-dessus
de Sainte Jeanne d'Arc et de Saint Michel, les saints patrons des
deux nations sœurs, des anges portent les blasons de celles-ci,
les effigies d'églises françaises gravement mutilées et des écussons
des provinces belges ayant souffert de l'invasion allemande. Leur
succèdent deux autres anges présentant la dédicace: "À Sainte Thérèse
de l'enfant Jésus", puis Thérèse elle-même répandant des roses sur
la cité. Au-dessus encore, la Sainte Trinité est représentée par
Dieu le Père, son fils en croix entre ses genoux, enfin le Saint
Esprit représenté par la colombe.
La
grande grille d'entrée en fer forgé, du maître ferronnier Raymond
Subes, évoque les emblèmes des quatre évangélistes sur plaques de
cuivre incisées. Cette grille s'ouvre largement sur la place, permettant
aux fidèles demeurés à l'extérieur de suivre, dans certaines circonstances,
le déroulement des offices. À l'intérieur de l'édifice, on est surpris
par la grande clarté qui inonde la nef, descendant de larges baies,
verrières pleines de couleur, oeuvre, pour une grande partie, de
Mlle Huré. Le vitrail du chœur, dessiné par Marcel Imbs et exécuté
par Mlle Huré, symbolise trois mystères : la Sainte Trinité, l'Incarnation
et l'Eucharistie.
L'Esprit
est représenté par la colombe aux ailes plongeantes, Dieu le Père,
l'invisible, est représenté par deux mains qui offrent la Vierge
et L'Enfant au monde, le Fils entre les bras de la Vierge qui veille
sur lui et qui s'efface devant L'Enfant, lui-même au milieu des
épis de blé qui sont la matière avec laquelle sera institué le sacrement
de l'Eucharistie. La chapelle des fonts baptismaux, inaugurée en
1933, est elle-même pleine de symboles. Derrière le baptistère,
en léger contre-bas par rapport au dallage de l'église, cinq panneaux
peints, oeuvre de Mme Branly-Tournon, illustrent les trois vertus
théologales, ainsi que la justice, la force, la sobriété et la vigilance,
enfin la prudence.
Composition
assez inhabituelle, aux couleurs vives, insolite diront certains,
elle est le reflet caractéristique de l'époque à laquelle elle a
été conçue et réalisée.De chaque côté de la nef centrale, deux petites
nefs secondaires conduisent, l'une, à l'opposé de la chapelle des
fonts baptismaux, à la chapelle de la Vierge ; la seconde, d'un
bout à la chapelle Saint-Joseph, et de l'autre à la chapelle du
Sacré Cœur. Plusieurs statues ornent ces bas-côtés tandis que s'élève,
au fond du Chœur, une statue dorée de Sainte Thérèse en extase,
oeuvre de Lucie Delarue-Mardrus.
Cette
statue d'origine a été restaurée et remise en place par des paroissiens
d'Élisabethville en 1997, à l'occasion du centenaire de la mort
de Thérèse. Dans la nef centrale, autrefois face à la chaire en
ciment qui, comme les ambons l'autel et autres éléments, a disparu,
se dresse toujours le grand Christ en croix, lui aussi en ciment,
oeuvre du sculpteur Carlo Sarrabezolles. On remarque également,
de chaque côté du chœur, deux bas-reliefs, l'un représentant Sainte
Elisabeth de Hongrie (réalisé par A.Bizette), l'autre, en terre-cuite
vernissée réalisée par Mlle Quinquaud, représentant "Sainte Thérèse
écoutant la prière des fidèles".
Signalons
enfin la présence, au fond de l'église, à hauteur de la tribune
conçue spécialement à cette intention lors de sa construction, l'orgue
installé depuis peu grâce à des subventions et à la générosité publique.
Ce n'est qu'en 1977 que l'église Sainte-Thérèse d'Élisabethville
a été inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.
D'importantes dégradations devaient, pour des raisons de sécurité,
conduire à sa fermeture provisoire, en attendant une décision concernant
les travaux à entreprendre pour la survie de l'édifice.
L'évêché
n'étant pas disposé à en assurer la charge, c'est la ville d'Aubergenville
qui, moyennant le franc symbolique, en deviendra propriétaire, s'engageant
de ce fait à en assurer, pour une part, sa restauration et, d'une
façon régulière, son entretien courant. Ainsi, l'église Sainte-Thérèse,
qui conserve bien entendu son caractère de lieu de culte, est-elle
devenue, parallèlement, un espace culturel destiné à des concerts,
expositions ou autres manifestations du même type.
Sainte Thérèse de l'enfant Jésus de la Sainte
face
Née
à Alençon en 1873, décédée à Lisieux en 1897, Thérèse Martin, dès
l'âge de 14 ans, brûlait d'un ardent désir de devenir religieuse,
à l'exemple de sa sœur Pauline et d'entrer au Carmel de Lisieux.
Après avoir convaincu, non sans mal, son père, le curé de la paroisse,
l'évêque de Bayeux, après aussi une visite au Pape Léon XIII, au
cours d'un voyage à Rome, elle obtient enfin le privilège d'entrer
au Carmel en 1888, à l'âge de 15 ans et trois mois.
Sa
prise d'habit et sa prise de voile auront lieu en 1889 et 1890.
Assistée de deux prêtres missionnaires par la prière, l'Abbé Bellière
en 1895, l'Abbé Roulland en 1896, elle accomplira dans la simplicité
et l'humilité les plus profondes, au milieu aussi des tracas de
la vie conventuelle où elle trouve "plus d'épines que de roses",
et d'atroces souffrances physiques contre lesquelles elle devra
lutter, la mission qu'elle s'est donnée : "Ma vocation c'est l'amour:
aimer Jésus et le faire aimer. Thérèse a beaucoup écrit et ses textes,
"Histoire d'une âme", manuscrits et entretiens divers, correspondance
et poèmes sont d'une grande beauté, d'une extrême richesse et nous
aident à mieux comprendre son message.
Elle
sera canonisée en 1925, déclarée patronne des missions en 1927,
patronne secondaire de la France à l'égal de Jeanne d'Arc en 1944,
enfin Docteur de l'Église en 1997. De chaque côté de la nef centrale,
deux petites nefs secondaires conduisent, l'une, à l'opposé de la
chapelle des fonts baptismaux, à la chapelle de la Vierge ; la seconde,
d'un bout à la chapelle Saint-Joseph, et de l'autre à la chapelle
du Sacré Cœur.
Plusieurs
statues ornent ces bas-côtés tandis que s'élève, au fond du Chœur,
une statue dorée de Sainte Thérèse en extase, oeuvre de Lucie Delarue-Mardrus.
Cette statue d'origine a été restaurée et remise en place par des
paroissiens d'Élisabethville en 1997, à l'occasion du centenaire
de la mort de Thérèse. Dans la nef centrale, autrefois face à la
chaire en ciment qui, comme les ambons l'autel et autres éléments,
a disparu, se dresse toujours le grand Christ en croix, lui aussi
en ciment, oeuvre du sculpteur Carlo Sarrabezolles. On remarque
également, de chaque côté du chœur, deux bas-reliefs, l'un représentant
Sainte Elisabeth de Hongrie (réalisé par A.Bizette), l'autre, en
terre-cuite vernissée réalisée par Mlle Quinquaud, représentant
"Sainte Thérèse écoutant la prière des fidèles".
Signalons
enfin la présence, au fond de l'église, à hauteur de la tribune
conçue spécialement à cette intention lors de sa construction, l'orgue
installé depuis peu grâce à des subventions et à la générosité publique.
Ce n'est qu'en 1977 que l'église Sainte-Thérèse d'Élisabethville
a été inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.
D'importantes dégradations devaient, pour des raisons de sécurité,
conduire à sa fermeture provisoire, en attendant une décision concernant
les travaux à entreprendre pour la survie de l'édifice.
L'évêché
n'étant pas disposé à en assurer la charge, c'est la ville d'Aubergenville
qui, moyennant le franc symbolique, en deviendra propriétaire, s'engageant
de ce fait à en assurer, pour une part, sa restauration et, d'une
façon régulière, son entretien courant. Ainsi, l'église Sainte-Thérèse,
qui conserve bien entendu son caractère de lieu de culte, est-elle
devenue, parallèlement, un espace culturel destiné à des concerts,
expositions ou autres manifestations du même type. Sainte Thérèse
de L'Enfant Jésus de la Sainte-Face Née à Alençon en 1873, décédée
à Lisieux en 1897, Thérèse Martin, dès l'âge de 14 ans, brûlait
d'un ardent désir de devenir religieuse, à l'exemple de sa sœur
Pauline et d'entrer au Carmel de Lisieux.
Après
avoir convaincu, non sans mal, son père, le curé de la paroisse,
l'évêque de Bayeux, après aussi une visite au Pape Léon XIII, au
cours d'un voyage à Rome, elle obtient enfin le privilège d'entrer
au Carmel en 1888, à l'âge de 15 ans et trois mois. Sa prise d'habit
et sa prise de voile auront lieu en 1889 et 1890. Assistée de deux
prêtres missionnaires par la prière, l'Abbé Bellière en 1895, l'Abbé
Roulland en 1896, elle accomplira dans la simplicité et l'humilité
les plus profondes, au milieu aussi des tracas de la vie conventuelle
où elle trouve "plus d'épines que de roses", et d'atroces souffrances
physiques contre lesquelles elle devra lutter, la mission qu'elle
s'est donnée : "Ma vocation c'est l'amour: aimer Jésus et le faire
aimer.
Thérèse
a beaucoup écrit et ses textes, "Histoire
d'une âme", manuscrits et entretiens divers, correspondance
et poèmes sont d'une grande beauté, d'une extrême richesse et nous
aident à mieux comprendre son message. Elle sera canonisée en 1925,
déclarée patronne des missions en 1927, patronne secondaire de la
France à l'égal de Jeanne d'Arc en 1944, enfin Docteur de l'Église
en 1997.